Le 14 novembre 2025, une intrusion informatique a touché le service Pajemploi, géré par l’Urssaf. Jusqu’à 1,2 million de salariés de particuliers employeurs pourraient être concernés par ce vol de données. Les informations dérobées ne comprennent ni mots de passe ni coordonnées bancaires complètes, mais elles suffisent à alimenter des tentatives d’usurpation d’identité. Voici comment déterminer si vos données figurent parmi celles qui ont fuité, et quelles mesures prendre.
Données volées sur Pajemploi : ce qui a été compromis et ce qui ne l’a pas été
La distinction entre les données exposées et celles qui restent protégées conditionne la nature du risque. Les éléments compromis incluent le nom, la date et le lieu de naissance, l’adresse postale et le numéro de Sécurité sociale. Dans certains cas, des éléments bancaires partiels ont aussi été touchés.
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En revanche, l’Urssaf a confirmé qu’aucun numéro de compte bancaire complet (IBAN), aucune adresse e-mail, aucun numéro de téléphone et aucun mot de passe de connexion n’ont été dérobés. Cette précision oriente le risque : il ne s’agit pas d’un piratage permettant de vider un compte en banque, mais d’une fuite qui expose à l’usurpation d’identité et au hameçonnage ciblé.

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Pajemploi numéro de tel et contact dédié pour vérifier votre situation
Pour savoir si vous êtes personnellement concerné, le canal officiel est Pajemploi lui-même. L’Urssaf a mis en place deux moyens de contact dédiés à cet incident :
- Un numéro d’appel gratuit : 0809 541 896 (seul le prix de l’appel est facturé selon votre opérateur). Ce numéro permet de poser des questions sur la fuite et de vérifier si votre compte fait partie des données compromises.
- Une adresse e-mail spécifique : [email protected], réservée aux demandes liées à cet incident de sécurité.
- Une notification individuelle envoyée par Pajemploi aux usagers touchés. Si vous n’avez rien reçu, cela peut signifier que vos données n’ont pas été exposées, mais la notification n’est pas garantie exhaustive à ce stade.
La CNIL, de son côté, ne peut pas confirmer directement si vos données figurent dans une fuite. Elle renvoie systématiquement vers l’organisme concerné. Chercher votre nom dans une base publique ou sur un site tiers n’a donc aucune valeur de vérification fiable.
Risque d’usurpation d’identité après la fuite Pajemploi : signaux concrets à surveiller
Le vol d’un numéro de Sécurité sociale combiné à un nom, une date de naissance et une adresse postale fournit à un fraudeur un kit d’usurpation d’identité relativement complet. Le risque principal ne vient pas d’un accès à votre compte Pajemploi (les mots de passe n’ont pas fuité), mais de démarches frauduleuses effectuées en votre nom auprès d’organismes tiers.
Plusieurs signaux doivent alerter dans les semaines et mois qui suivent la fuite :
- La réception de courriers administratifs inhabituels (ouverture de crédit, changement d’adresse, demande de prestations que vous n’avez pas initiée).
- Des appels ou SMS se présentant comme Pajemploi, l’Urssaf ou un organisme de Sécurité sociale, demandant de « confirmer » des informations personnelles ou de communiquer un code reçu par SMS.
- Des modifications inexpliquées sur d’autres comptes en ligne (adresse e-mail de récupération modifiée, mot de passe réinitialisé sans votre initiative).
- Des prélèvements ou mouvements bancaires non reconnus, même si le risque bancaire direct est limité dans le cas de cette fuite.
L’Urssaf rappelle qu’aucun agent ne demandera jamais vos codes d’accès ni vos coordonnées bancaires par e-mail ou par téléphone. Tout message de ce type est une tentative de phishing ciblé exploitant les données volées.
Différence avec un piratage bancaire classique
Un piratage qui expose des IBAN et des identifiants de connexion permet une fraude immédiate : virements, prélèvements non autorisés. La fuite Pajemploi fonctionne différemment. Les données volées servent de levier pour des arnaques indirectes : se faire passer pour vous, ouvrir un compte frauduleux, ou vous contacter avec suffisamment de détails personnels pour paraître crédible.
Cette distinction change la temporalité du risque. Un piratage bancaire produit des effets en quelques jours. Une fuite de données d’identité peut être exploitée des mois, voire des années après l’incident.

Démarches concrètes de protection après le vol de données Pajemploi
Même sans confirmation formelle que vos données font partie de la fuite, plusieurs actions réduisent le risque si vous êtes ou avez été utilisateur de Pajemploi.
Changez le mot de passe de votre espace Pajemploi et de tout autre service où vous utilisez un mot de passe identique ou similaire. Les mots de passe n’ont pas fuité, mais cette précaution reste un réflexe de base après tout incident de sécurité sur une plateforme que vous utilisez.
Activez la double authentification partout où elle est disponible, en priorité sur votre messagerie e-mail et vos comptes bancaires en ligne. Même si l’attaquant possède vos informations d’identité, un second facteur d’authentification bloque l’accès.
Consultez régulièrement votre relevé de situation sur le site de l’Assurance Maladie (ameli.fr) pour détecter des modifications non sollicitées de vos informations personnelles. Un changement d’adresse ou de RIB que vous n’avez pas demandé constitue un signal d’alerte fort.
Déposer une pré-plainte en ligne
Si vous constatez une utilisation frauduleuse de vos données, le dépôt d’une pré-plainte en ligne sur le site du ministère de l’Intérieur accélère la procédure. Conservez tous les éléments de preuve : captures d’écran, courriers suspects, relevés de compte. La CNIL a ouvert une enquête sur cet incident, ce qui peut faciliter les recours ultérieurs.
Le numéro Pajemploi dédié (0809 541 896) reste le point de départ pour toute vérification. Surveiller activement ses comptes et ses courriers administratifs dans les prochains mois constitue la meilleure protection face à une fuite de données d’identité dont les effets peuvent se manifester bien après l’annonce initiale.

