La colique, ce mot qui fait frémir plus d’un propriétaire de cheval, surgit sans prévenir et peut emporter nos compagnons en quelques heures. Le système digestif du cheval, long d’une vingtaine de mètres et conçu pour un travail constant de transformation des fibres végétales, n’est pas un modèle de robustesse. Il suffit d’un rien pour que la machine se dérègle. Voici comment agir chaque jour pour limiter les risques et reconnaître les situations anxiogènes qui multiplient les dangers pour votre cheval.
Mis à jour le 23 mars 2018 Réflexe #1, Fournir du fourrage en quantité suffisante
Revenons à l’essentiel. Dans la nature, un cheval passe jusqu’à 16 heures par jour à brouter, mangeant en continu de petites portions de fourrage. Cette logique doit guider l’alimentation au box ou au pré.
Vous souhaitez savoir comment s’organisent les journées de votre cheval ?,> La notion de budget temporel : que fait votre cheval quand vous n’êtes pas là ?
L’équilibre alimentaire repose d’abord sur le foin, auquel s’ajoutent des granulés adaptés à l’activité du cheval. Mais attention : les granulés ne doivent jamais devenir la base de la ration. Leur richesse et leur faible digestibilité peuvent déséquilibrer la flore intestinale.
Le fait de proposer du foin à volonté évite aussi que le cheval ne se rabatte sur la paille de litière, peu digeste et propice à la formation de bouchons, eux-mêmes responsables de coliques.
Reflex #2, Bien organiser la distribution des aliments
L’ordre et la manière dont vous distribuez l’alimentation ne sont pas des détails.
Il vaut mieux proposer la ration de céréales après le foin : le foin stimule la salivation, ce qui tamponne l’acidité gastrique et prépare le tube digestif à recevoir la suite du repas.
Si votre cheval se jette sur ses granulés, étalez-les dans la mangeoire pour l’inciter à prendre le temps de mâcher. Ce petit geste réduit les risques de digestion incomplète.
Enfin, ne sous-estimez jamais la nécessité d’un accès permanent à une eau propre. Un cheval adulte peut boire, selon sa taille, le climat ou son activité, entre 25 et 75 litres d’eau par jour.
Pour aller plus loin sur l’alimentation : Les 3 choses à éviter lorsque vous nourrissez votre cheval
Réflexe #3 – Restez vigilant face aux changements soudains
Le stress fait grimper le risque de colique. Tout bouleversement, déménagement, arrivée de nouveaux chevaux, changement de propriétaire, mérite une attention accrue. Dans ces moments, il vaut mieux limiter les aliments concentrés, surtout les granulés, et surveiller de près l’appétit et l’hydratation de l’animal.
Un autre paramètre à surveiller : les variations rapides de météo. Certains chevaux y sont sensibles, et ces fluctuations peuvent perturber leur digestion.
À lire aussi : 3 facteurs de stress à prendre en compte pour améliorer le bien-être de votre cheval et aussi : Comment réagir à la déshydratation des chevaux
Reflex #4, Garantir des sorties quotidiennes
Un cheval confiné au box doit impérativement sortir chaque jour : liberté, paddock, longe ou travail monté. C’est vital. L’ennui enferme le cheval dans des routines néfastes, comme les tics (tic à l’appui, tic à l’air), qui témoignent d’un mal-être réel et peuvent compromettre la santé digestive.
Un cheval inactif aura aussi tendance à s’attaquer à la paille de son box, ce qui, on l’a vu, favorise les bouchons et les troubles digestifs. Encore une fois, le foin reste votre meilleur allié.
Pour suivre l’activité de votre cheval au quotidien, Equisense Motion propose un suivi détaillé et facile à consulter.
Reflex #5, Prendre soin de la dentition
Le régime alimentaire du cheval mise sur la mastication : c’est le premier maillon d’une digestion efficace. Mais les dents du cheval poussent en continu et forment parfois des excroissances douloureuses, qui gênent la mastication, réduisent l’efficacité de broyage des fibres et, in fine, favorisent les risques de colique.
Un contrôle dentaire annuel permet de limer les aspérités et d’éviter ce cercle vicieux. Un cheval qui mâche mal digère mal : la prévention passe aussi par la bouche.
Autre astuce : Equisense Motion permet de noter chaque soin pratiqué, pour ne plus rien oublier dans la gestion quotidienne.
Reflex #6, Lutter contre les parasites
Un déparasitage régulier limite la population de vers intestinaux, qui peuvent provoquer des obstructions et déclencher des coliques. Le rythme de croisière, c’est trois à quatre vermifuges par an.
Pour les chevaux au box, il est préférable d’éviter les sorties au paddock dans les 24 à 48 heures qui suivent l’administration du vermifuge, afin de limiter la dissémination des œufs sur le sol. Au pré, on privilégie le vermifuge avant le changement de parcelle, la rotation régulière des pâtures et on évite le surpâturage, autant de leviers pour faire baisser la pression parasitaire.
Marine, vétérinaire chez Equisense, détaille tout ce qu’il faut savoir dans cet article : 4 idées fausses sur le déparasitage.
Ces habitudes ne prétendent pas garantir une vie sans coliques à votre cheval, mais elles multiplient ses chances d’y échapper. Mieux vaut anticiper que réparer. La prévention, au fil des jours, reste le pari le plus sûr.
L’équipe Equisense
Illustrations
Gathing Horse, photo de Dan Cook sur Unsplash, Teeth by Nook Fulloption du projet Noun, Vers de terre par Sean Maldjian du NounProject







