
Vos parents sont-ils toxiques ? Voici comment échapper à l’emprise !
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Accepter que ses parents soient la source de ses problèmes, c’est difficile à avaler. Pourtant, pour beaucoup, vivre sous l’influence de parents toxiques est une réalité pesante qui laisse des traces.
La présence de parents toxiques n’est pas rare. Leurs mécanismes sont parfois subtils, mais leurs effets sont bien réels. Et ce n’est pas réservé aux seuls parents biologiques : les grands-parents ou les beaux-parents peuvent semer la même confusion, sans oublier la célèbre belle-mère tyrannique. Les ressorts sont différents, mais les conséquences, elles, se ressemblent.
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Parents toxiques
Ici, il s’agit de comprendre à quoi ressemble ce type de relation et de voir comment il est possible de reprendre le contrôle de sa vie, même si l’on a grandi dans une famille où la toxicité était omniprésente.
Le phénomène ne se limite pas à une relation parent-enfant classique. Parfois, c’est un oncle, une grand-mère, ou un beau-père qui prend ce rôle envahissant. Les méthodes pour s’en sortir restent les mêmes.
Qui sont les parents toxiques (ou parents manipulateurs) ?
Pour y voir plus clair, voici plusieurs comportements caractéristiques des parents toxiques :
- Ceux qui vous font porter la culpabilité depuis l’enfance, et continuent à vous faire douter de vous à l’âge adulte ;
- Ceux qui accusent et blâment à longueur de journée, souvent sans raison valable ;
- Ceux qui ne voient que vos erreurs, ignorent vos réussites, et n’expriment jamais un mot d’encouragement ;
- Ceux qui surprotègent à l’excès, vous couvrant de compliments, vous érigeant en enfant parfait, mais vous enfermant dans une image idéalisée ;
- Ceux qui exigent toujours plus, pointent ce qui manque, et vous laissent penser que rien n’est jamais suffisant ;
- Ceux qui coupent court à votre expression personnelle, qui empêchent toute affirmation de soi ;
- Ceux qui manipulent vos émotions et usent de chantage affectif, parfois même sans s’en rendre compte ;
- Ceux qui vous rabaissent, vous humilient ou cherchent à vous mettre mal à l’aise ;
- Ceux qui oublient votre individualité et multiplient les comparaisons avec autrui ;
- Ceux qui assènent des petites phrases assassines, du genre :
- « Sois parfait »
- « Dépêche-toi »
- « Fais un effort »
- « Sois fort ! »
- « Ne pleure pas »
- « Tu aurais dû… »
- « Fais-le pour moi »
Quelles conséquences pour les enfants de parents toxiques ?
Les mots et les attitudes des parents, ou de ceux qui tiennent ce rôle, agissent comme des injonctions silencieuses. Ils s’incrustent, orientent nos actes, nos choix, nos réactions. Il arrive qu’une phrase, entendue mille fois, devienne une boussole intérieure, jamais questionnée.
Voici un aperçu des répercussions possibles :
- Un sentiment de culpabilité persistant ;
- Une image de soi dégradée, un manque de confiance qui s’installe (des ressources existent, comme ce livre PDF) ;
- Une difficulté à se définir, à affirmer sa personnalité ;
- Une gêne à exprimer ses émotions, avec la croyance que montrer ses sentiments est une faiblesse ;
- Un sentiment de honte à la moindre erreur ou faille ;
- La recherche constante de l’approbation d’autrui ;
- Le besoin de satisfaire tout le monde, au détriment de soi-même ;
- La peur du jugement, qui pousse à tout valider auprès des autres ;
- La sensation d’être obligé de répondre à mille exigences (« je dois », « il faut que je… ») ;
- Une course permanente contre la montre, l’impression de ne jamais aller assez vite ou d’être ralenti par les autres ;
- Un perfectionnisme tenace envers soi-même et son entourage (4 étapes pour s’en libérer) ;
- La tendance à compliquer ce qui pourrait rester simple ;
- Un repli sur soi, de la timidité (conseils pour dépasser la timidité) ou de l’introversion (erreurs fréquentes chez les introvertis) ;
- Et cette frustration lancinante : quoi que vous fassiez, satisfaire des parents toxiques semble hors d’atteinte…
Comment se libérer de l’emprise parentale toxique ?
Si l’un de vos parents exerce une influence pesante, voici quelques repères concrets pour s’en sortir :
Commencez par prendre conscience de cette emprise. Sans ce constat, il est difficile d’avancer.
Ensuite, prenez la décision ferme de ne plus laisser cette influence diriger votre vie. La clarté sur ce point change tout.
Apprenez également à poser des limites et à les tenir. Cela demande de la pratique, mais c’est fondamental.
Ne laissez plus passer les attaques toxiques : répondez de façon posée, affirmez vos besoins, osez dire « non » (3 techniques pour dire non), et travaillez à dissiper la peur du regard parental.
Enfin, refusez les reproches abusifs, les accusations globales, les jugements définitifs. Remettez-les en perspective lorsque vous y faites face.
- « C’est toujours toi qui… »
- « Tout est de ta faute… »
- « Tu n’es jamais à l’heure »
- « C’est toujours pareil avec toi »
3 techniques pour s’affranchir des parents toxiques
Technique n°1 : Faire la sourde oreille
Ignorer les remarques dévalorisantes, c’est refuser d’entrer dans un jeu de rôles destructeur. Face à l’insistance, la persévérance finit souvent par lasser l’autre.
Napoléon Bonaparte le résumait ainsi : « On déjoue bien des choses en faisant semblant de ne pas les voir. »
Technique n°2 : Nommer le comportement toxique
Oser mettre des mots sur ce qui se passe, c’est déjà sortir du piège. Deux scènes concrètes :
, Un parent vous lance : « Ta sœur réussit mieux que toi. »
, Vous répondez : « Tu recommences à me comparer, mais je ne fonctionne pas comme elle. Je suis différent(e). »
, Le parent insiste : « C’est toujours pareil avec toi ! »
, Vous : « Toujours ? Vraiment ? Il n’y a jamais eu de moment différent ? »
Gardez votre calme. Se mettre en colère ne fait que renforcer le schéma toxique.
Voici deux leviers supplémentaires à utiliser :
- Demander des explications face aux accusations ou généralités : cela oblige votre interlocuteur à se justifier et peut désamorcer l’attaque ;
- Exprimer votre ressenti sur ce que vous subissez, et affirmer votre volonté de ne plus tolérer ce comportement.
Il arrive aussi que la petite voix héritée de vos parents continue de résonner en vous, même adultes. Cette voix intérieure, calquée sur celle de l’enfance, peut saper la confiance sans que vous en ayez conscience.
Technique n°3 : Reformuler les messages contraignants
Pour se libérer de l’influence négative, il s’agit de transformer les injonctions parentales ou intérieures en messages plus ouverts. Concrètement, cela donne :
1, « Dépêche-toi »
Devient : « Je choisis d’accélérer parce que cela a du sens pour moi » ou « Je prends le temps d’apprécier ce que je fais »
2, « Sois parfait »
Devient : « J’ai le droit de me tromper »
3, « Ne pleure pas »
Devient : « J’ai le droit d’exprimer mes émotions, c’est humain »
Mises en garde et perspectives
Beaucoup prennent leurs parents pour modèle, sans recul. Si vous tombez dans cette comparaison, le risque est de vous retrouver piégé dans une quête impossible.
Comparer sa vie à celle de ses parents peut générer un manque de confiance, surtout s’ils ont eu un parcours remarquable. Pour ceux qui doutent, un test d’estime de soi est disponible afin d’y voir plus clair.
Gardez en tête que vous êtes unique, incomparable. Inutile de chercher à reproduire ou à défier le modèle parental. Ce qui compte, c’est de construire votre propre chemin.
Dans le cas d’une famille toxique, il est urgent de prendre des mesures. Les liens tissés dans la petite enfance, et entretenus à l’âge adulte, façonnent toutes les relations à venir.
Si vous avez du mal à nouer des liens sains aujourd’hui, il y a fort à parier que l’origine se trouve dans votre histoire familiale.
| Vous serez peut-être confronté, plus tard, à d’autres personnalités difficiles : collègues dominateurs, amitiés compliquées, partenaires toxiques, personnes pessimistes, perfectionnistes, plaignants, narcissiques, manipulateurs, harceleurs ou encore tyrans du quotidien… |
Une dernière interrogation, si vous êtes parent vous-même :
☞ Êtes-vous en train, sans le vouloir, de devenir un parent toxique pour vos propres enfants ?
La réflexion ne fait jamais de mal. Prendre le temps de s’interroger, c’est donner une chance à la génération suivante de vivre autre chose.
À présent, impossible de prétendre ignorer la question : la transformation commence par la lucidité.

Auteur de l’article : Michaël LIZEN – Copyright 2016 Tous droits réservés

